Histoire
Nancy est
l'ancienne capitale du duché de Lorraine.
Bien que de nombreux sites préhistoriques aient été découverts sur
les plateaux entourant la ville, le site historique de la ville ne
semble pas avoir été vraiment occupé avant l'époque mérovingienne,
vers la fin du VIIe siècle. On mentionne juste l'existence d'un gué
sur la Meurthe au VIIIe siècle.
La forme la plus ancienne connue de Nancy est la forme romanisée de
son nom celtique. Dans l’ antiquité gauloise puis romaine,
Nancy est ainsi nommée : Nanceiacum ce qui implique une plus
ancienne forme Nantceton ou Nanceton. Une autre trace écrite date
du 29 avril 1073 (mention dans la charte de Pibon, évêque de Toul :
« Olry, voué de Nancy » (« Odelrici advocati de Nanceio »). Le nom
de Nancy est d'origine celtique, comme le sont les noms de Nandy
(Seine-et-Marne), Nançay (homonyme de Nancy) (Cher), Nangy
(Haute-Savoie), Nance (Jura), Nances (Savoie), Nangis
(Seine-et-Marne), Nangeville (Loiret), Nançois (Meuse) . François
Falc'hun, (1901-1991 , Professeur d'Université, d'abord à Rennes,
puis à Brest et Bernard Tanguy expliquent la signification de Nancy
par le gaulois nant « vallée « et le suffixe iacum aux pages 64 et
65 de leur ouvrage « Les noms de lieux celtiques, première série ,
vallées et plaines », édition Armoricaines, Rennes, 1966. Dans la
même famille de mots gaulois et celtiques proches, Pierre-Yves
Lambert mentionne nantu – « rivière » et nanto – «
ruisseau » , aux pages 35 et 105 de son ouvrage "La langue
gauloise" Editions Errances 1995.On retrouve aussi cette racine
Nanto « vallée », « ruisseau », « rivière » ; "vallée contenant une
rivière", dans Nanterre, Nanteuil, Nantes, Nantua, Nant (
Aveyron).Ajoutons que la terminaison cy des noms de lieux français
ou francophones d' origine celtique indique une évolution finale de
l' ancien gaulois ceton "bois" qui se transforma en ci-acum puis en
cetum ou citum puis en cy que l' on retrouve dans Bercy, Coucy,
Sancy, Mancy, Amancy etc...( François Falc'hun : "Les noms de lieux
celtiques, Troisième série, Nouvelle méthode de recherche en
toponymie celtique", pages 10 à 22, Editions armoricaines,
Bourg-Blanc, Plabennec, vers 1978).
Nancy signifie donc très probablement "la vallée boisée
...contenant une rivière" et en l' occurence ici à Nancy "la vallée
contenant une rivière" est "une demi-cuvette traversée par
différents cours d'eau".
La naissance de Nancy est en fait liée à l'édification d'un château
féodal, au cours du XIe siècle, par Gérard d'Alsace qui y fonde une
petite cité qui deviendra la capitale du duché de Lorraine sous ses
successeurs au XIe siècle. En 1218, au cours de la Guerre de
Succession de Champagne, sous le règne du duc Thiébaud Ier, la
ville est totalement incendiée par l'empereur Frédéric II de
Hohenstaufen. La ville sera reconstruite et agrandie et protégée
par un nouveau château.
C'est lors de la bataille de Nancy, qui fut précédée par un siège,
que Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, meurt en janvier 1477
face au duc René II à l'étang Saint-Jean[1]. René II est également
considéré comme le premier duc bâtisseur : il fait reconstruire son
Palais Ducal et fait ériger à côté l'église des Cordeliers ainsi
qu'un lieu de culte à Notre-Dame de Bonsecours (notons également la
construction d'une basilique gothique flamboyante à
Saint-Nicolas-de-Port, d'où le duc est parti pour entamer la
reconquête de sa capitale).
Sous les règnes des ducs Charles III et Léopold, la ville bénéficie
de nombreuses extensions (ville neuve, cours Léopold…) et
d'un rayonnement culturel sans précédent. Écarté du trône de
Pologne, Stanislas Leszczyński, roi de Pologne et beau-père de Louis XV
car marié à Marie Leszczyńska, reçoit le duché de Lorraine, à
viager, en 1737 et le gouverne en monarque éclairé, le menant à son
apogée, en plein siècle des lumières. Il crée en l'honneur du roi
de France une place de belles proportions qui recevra plus tard son
nom. À sa mort en 1766, le duché revient à la couronne de
France.
Nancy est le siège d'un évêché depuis 1778
correspondant au transfert de celui de Toul. La ville possède
également une cour d'appel. En août 1790, la ville fut l'objet
d'une révolte militaire réprimée sévèrement par les troupes du
marquis de Bouillé : le régiment des hussards de Lauzun chargea
dans les rues de la ville.
En 1871, la ville reste française tandis que l'Alsace et la
Moselle, avec Strasbourg et Metz, sont rattachées à l'Allemagne par
le traité de Francfort. Nancy connaît alors une période de
prospérité et un nouvel âge d'or
culturel. En effet, de nombreux
optants (Alsaciens et Mosellans refusant la nationalité allemande)
choisissent de s'y installer, parmi lesquels un grand nombre
d'intellectuels et d'industriels.
Ville de sidérurgie depuis les années 1880, Nancy se rêva aussi en
ville charbonnière à la toute fin du XIXe siècle. Le projet, dû à
l'impulsion de maîtres de forges (les Cavallier, de Lespinats, de
Saintignon, Villain ...), d'ingénieurs des Mines, de banquiers et
d'hommes d’affaires locaux, restera cependant sans
lendemains.
Autour de 1900, c'est de Nancy que part, en France, le mouvement de
l'Art nouveau avec notamment l'École de Nancy dont les chefs de
file sont Émile Gallé, Antonin Daum, Louis Majorelle, Victor Prouvé
et Eugène Vallin.
Durant la Première Guerre mondiale, la ville a été menacée lors de
la bataille du Grand Couronné. Elle a ensuite subi des
bombardements par avions et zeppelins et également les tirs du «
Gros Max » : une batterie de 380 mm modèle SKL/45 installée à 35 km
de distance, dans le village de Hampont en Moselle annexée. Ces
bombardements firent de gros dégâts matériels et causèrent la mort
de 177 personnes.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la libération de Nancy de
l'occupation allemande fut effectuée par la troisième armée
américaine pendant la campagne de Lorraine en septembre
1944
|
Géographie
Nancy est
située dans le nord-est de la France, entre plusieurs collines
formant des petits plateaux boisés, dans une demi-cuvette sans
ouverture à l'ouest, vers Paris. Cette cuvette est traversée par
différents cours d'eau qui n'occupent pas une position centrale
dans la ville puisque la Meurthe marque la frontière est de la
commune. Cette rivière n'est pas aménagée pour le transport fluvial
et seul le canal de la Marne au Rhin (au gabarit Freycinet) qui lui
est parallèle sur trente kilomètres permet un trafic fluvial de
petit tonnage. Les cours d'eau nancéiens tendent aujourd'hui à
redevenir des éléments attractifs vers lesquels se tourne la ville
(ex: Jardin d'Eau dessiné par Alexandre Chemetov).
Nancy possédait une valeur défensive géographique médiocre du fait
de sa situation en 'cuvette'. Frouard (qui possédait d'ailleurs un
château), avec sa position au point de confluence, ou
Saint-Nicolas-de-Port par exemple, auraient sans doute été des
choix géographiques plus stratégiques pour une place-forte ; mais
lors de la création de la ville, le site de Nancy était une plaine
au cœur du Duché de Lorraine permettant un développement
urbain peu contraignant pour une capitale.
Lieux-dits et écarts
Beauregard, Boudonville, Buthégnemont, Haussonville,
Haut-du-Lièvre, Saint-Nicolas, Saint-Jean, Saurupt, Trois-Maisons
sont tous des lieux-dits et anciens faubourgs hors-les-murs
intégrés à la ville au fur et à mesure de sa croissance et de son
histoire. La ville se développe désormais à l'Est, dans le quartier
dit des Rives de Meurthe, entre la Meurthe et le canal de la Marne
au Rhin.
Communes limitrophes
Vue sur la place de la République au cœur de la villeLes
communes limitrophes de la ville de Nancy sont regroupées en
Communauté urbaine du Grand Nancy, qui compte près de
270 000 habitants de la première couronne nancéienne.
Huit villes ont une limite commune avec Nancy. Avec 35 000
habitants, Vandœuvre-lès-Nancy est la deuxième commune la
plus peuplée de Meurthe-et-Moselle et donc le second pôle de
l'agglomération. Viennent ensuite Laxou (15 898 habitants) et
Villers-lès-Nancy (15 700 habitants), puis Saint-Max, Malzéville,
Maxéville, Tomblaine et Jarville-la-Malgrange.
L'agglomération étant continue et densément peuplée (350 000
habitants), les communes de la communauté urbaine du Grand Nancy
sont considérées comme faisant partie quasi-intégrante de la ville
; les communes considérées comme banlieues lointaines étant le plus
souvent celles n'ayant pas intégré la communauté urbaine. À noter
que l'unité urbaine de Nancy est la première de Lorraine, et que
l'aire urbaine de Nancy compte 410 000 habitants et fait donc de
Nancy la 13e métropole française.

|